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Critiques
Maria Walther, ou la peinture comme langage.

Maria Walther ne parle pas volontiers de ses œuvres : elle préfère que le visiteur laisse libre cours à son imagination et communique directement avec sa peinture. Cependant, à l’occasion de son exposition rétrospective dans l’Abbaye de Caunes-Minervois, elle a bien voulu nous livrer quelques uns de ses secrets…

Elle commence la peinture vers 20 ans et fait des études d’arts plastiques et d’arts graphiques aux Pays Bas. Elle commence à travailler la gravure, les eaux fortes et différentes techniques, généralement mixtes. Ses œuvres sont alors souvent  monochromes et il y a des êtres humains dans ses images, déjà oniriques…
Puis elle arrive en France. Elle aime la lumière, la nature méditerranéenne, les paysages de la Montagne Noire où elle s’établit. Ses travaux, en accord avec ceux-ci, deviennent plus volontiers polychromes. Ce sont des paysages imaginaires, où les montagnes occupent une place de choix, qui dénotent des préoccupations liées à la Nature, aux arbres, à l’eau…
L’Homme n’apparaît plus que rarement et les animaux apparaissent de plus en plus souvent, soit isolés, soit grouillants, toujours dans une environnement onirique, semi abstrait. Maria observe avec inquiétude, voire « pessimisme », dit-elle, que les animaux arrivent à se fondre dans la nature, par des processus variés, comme le mimétisme, mais que les êtres humains, eux, y arrivent de moins en moins. En cela, toute son oeuvre est un vaste questionnement sur l’avenir des êtres humains. Quand on lui demande quel instrument pourrait accompagner ses huiles sur bois, elle répond : « peut-être une flûte », puis elle se ravise et dit : « non, le silence »…

La nature en héritage, avec des connotations mythologiques… Une réflexion sur le monde et son devenir. Maria Walther : un monde intérieur très riche, un imaginaire vraiment personnel, qui s’exprime avec talent, un art « intérieur » !


Marie-Elise Gardel

 
Maria Walther

Nous avons admiré une exposition importante et récapitulative de l’œuvre peinte par Maria Walther. Elle présente son œuvre datant du début des années quatre-vingt jusqu’à aujourd’hui. L’exposition montre une série particulière d’ouvrages, distinctivement dans leur période, et il est intéressant de voir comment son œuvre du début s’est développée à partir de l’époque où elle était une artiste renommée et confirmée aux Pays-Bas.

 

Depuis les vingt dernières  années, Maria habite en France, mais ce n’est qu’il y a cinq ans, qu’elle a repris son métier artistique. Ses peintures dévoilent un style complètement hors normes et unique. Dans la plupart des cas leur sujet représente une image d’un monde futuriste dans laquelle des humains, des animaux et des créatures mythiques coexistent dans un environnement naturel dérangé.


Inspirée par une tradition qui est propre aux grands artistes néerlandais du passé, Maria applique de multiples couches fines de peinture à l’huile qui donnent à son oeuvre une intensité fabuleuse. Jusqu’aux détails les plus tarabiscotés, elle va créer des mains pétrifiées qui restent impuissantes a affecter un paysage moribond ; des créatures claquemurées dans les structures d’un rocher ou d’un arbre en train de se désintégrer ; des fragments de poissons, d’insectes, de mammifères s’efforcent de surgir et de se libérer des marais pollués ; un monstre féeriquement déformé qui, dégoutant de pollution, se déplace au dessus d’un canard dans son nid distinctement peint et ignorant complètement le menace sombre ;  la représentation détaillée d’un oiseau ou chauve souris contraste avec le paysage montagneux de glace et de rochers, dont les formes abstraites emportent des échos d’organismes vivants du passé. Parfois un tableau contient un message d’espoir où - en définitive - il  est  question de salut ou de renouvellement.

Maria Walther est une artiste accomplie et fortement talentueuse.

 

Helen Othen