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A propos de Maria Walther

A l’époque où la guerre s’est déclenchée, le père de Maria était dans l’armée. Avec sa famille il était installé confortablement dans la colonie Néerlandaise d’Indonésie. La famille fut mise en captivité dans un camp de concentration par les occupants japonais et Maria, la cadette de quatre enfants, est née dans ce camp où elle vivait les premiers cinq ans de sa vie, sous des circonstances effroyablement dures. Les femmes et les enfants vivaient séparés des hommes. Son père était interné dans un camp voisin. En 1946, le camp fut libéré par l’armé sikh. Après avoir vécu exclusivement en compagnie de petits hommes japonais et de femmes émaciées, ces grands hommes magnifiques avec leurs turbans étaient pour elle extrêmement fascinants. Pour récupérer la santé après les mauvais traitements et la malnutrition, la famille restait six mois à Bangkok avant d’être transportée par un avion dont on avait enlevé les sièges. Elle hurlait de peur pendant tout le voyage et aujourd’hui, elle croit que c’est la raison pour laquelle elle est toujours angoissé de prendre l’avion. Après ce vol, la famille prit le bateau pour les Pays-Bas et elle a des souvenirs vagues de dauphins et de requins attirés par les déchets jetés du navire, de poissons volants tombant sur le pont, d’une fête pour célébrer le passage de l’équateur avec un personnage déguisé en Neptune, des cérémonies de pseudo-baptême et des sentiments de frayeur parmi les passagers et l’équipage quand ils se rassemblaient sur le pont tandis que le bateau passait une aire parsemée de mines. Les souvenirs de l’arrivée en Hollande sont dominés par le nouveau climat – les odeurs étranges, l’air froid et des vêtements distribués par la Croix Rouge qui étaient bien chauds mais dans lesquels elle se sentait mal à l’aise.

 

Le père de Maria ayant une fonction administrative dans l’armée, rentra aux Pays-Bas quelque temps plus tard. En dehors d’une collection de livres concernant des explorateurs du 18 ième et du 19ième siècle, il possédait une vaste collection de spécimens naturels. Il passa une grande partie de son temps avec la reproduction et l'archivage de coquillages et d’objets naturels provenant de tous les coins du monde. Maria passa beaucoup de temps avec son père en partageant et participant à ses activités. Au grenier de leur maison elle examinait de près ses spécimens et elle les dessinait. Durant ces activités, maria avait l’occasion de feuilleter secrètement dans un livre interdit avec des illustrations de maladies. Ainsi elle a vécu à toute jeune âge, le frisson visuel et horrifiant de la capacité de la nature qui impose à l’homme des déformations et des cicatrices impressionnantes.

 

Comme beaucoup de néerlandais à cette époque, sa culture héritée était indonésienne et elle se souvient dès son enfance, son amour pour le théâtre de marionnettes ; aussi les poupées en cuir, articulées et en deux-dimensions, habilement manipulées d’en bas au moyen de baguettes, que les figurines exotiques et colorées manipulées d’en haut avec des fils.

 

Malheureusement, quand elle avait 9 ans, ses parents ont divorcés. Elle a perdu le contact avec son père, mais c’est lui qui a donné à Maria son premier amour pour la nature et ses aspirations de jeunesse à devenir explorateur ou artiste.

Une Maria malheureuse de 17 ans, fugua de chez elle et travaillait pendant un an comme serveuse dans un bar à café italien avant d’être reconduite à sa famille par les services sociaux. Ensuite elle fut envoyée vers une école normale privée à La Haye, après quoi elle enseignait des jeunes de 12 ans. Elle vivait aussi les défis et le succès dans la re-motivation d’une classe d’adolescents en situation d'abandon scolaire.

 

Le soir, elle suivait des cours de la Vrije Academie (l’Académie Libre)), où elle poursuivait son art en tant que peintre. C’était une période de sa vie  extrêmement heureuse; elle le trouvait facile de vendre ses tableaux abstraits, mais elle fut secouée et forcée par son gourou et inspirateur, Wil Bouthoorn, à créer un œuvre plus large et plus audacieux. A l’âge de 22 ans, elle se maria et eut un enfant. Ensuite il y avait une période de travail dur en enseignant dans une école pour soutenir sa petite famille. Après son divorce elle consacra plusieurs années à la recherche en adoptant un style de vie alternatif.

 

C’est seulement quand elle arrive à l’âge de 40 ans qu’elle reprend son carrière artistique en main en décidant d’étudier pendant quatre ans, l’art graphique, la sculpture en bois et la gravure. Son œuvre est devenu plus mature en combinant ces disciplines avec son style de peinture d'auparavant. A l’exposition finale de ses études, l’œuvre de Maria fut choisi par deux galléries importantes qui ont exposé et vendu ses tableaux avec succès.

 

Avec son caractère d’excursionniste, Maria s’installa avec son partenaire dans le Midi de la France et quelques années passaient paisiblement jusqu’au moment où elle reprit son travail artistique. Pendant ce temps-là, elle apprenait à devenir agriculteur et durant les 10 ans suivant, elle tenait un troupeau de chèvres, qu’elle faisait paître quotidiennement sur les terrains boisés du Languedoc. Elle fabriquait un bon fromage qu’elle vendait avec succès aux meilleurs restaurants du coin. Bien que le travail fût dur, cette mode de vie était idyllique et Maria pouvait vivre près de la nature dans un paysage qu’elle a appris à aimer. Finalement, elle s’est installée dans les environs de la ferme, dans un petit hameau de la Montagne Noire et elle a ressenti de nouveau sa vocation de peintre.

 

Sa technique révèle une maîtrise complète de la technique "glacis". C’est une tradition néerlandaise de représentation où des fines couches de peinture sont appliquées l’une sur l’autre, afin de créer un effet translucide. Cette manière de travailler est son choix actuel pour communiquer au moyen de ses tableaux. Sa passion pour l’environnement naturel avec sa myriade de formes de vie est dévoilée finement dans des créatures représentées : des oiseaux, des chauve-souris, des canards, des crapauds, des escargots …sur un fond de paysages imaginaires luminescents, baignés de lumière délicate. Souvent ils contiennent des messages cachés avec des titres qui aident à les déchiffrer. Il y a d’autres tableaux qui révèlent son inquiétude profonde et sincère et sa peur pour l’avenir de notre planète. Ils ne reflètent pas seulement les couleurs vives de la nature, mais souvent également des verts, des bleus et des jaunes sinistres de la pollution qui ont l’effet de produire des images inhabituelles, mémorables et dramatiques de ses angoisses. Des figures pétrifiées en deux dimensions qui rappellent celles des êtres vivants, deviennent progressivement perceptibles dans des paysages sans vie ; une goule, un monstre de conte de fées qui poursuit et menace l’inconscient ; un chasseur monstrueux chargé du butin de la destruction, piétine vers sa maison ; des créatures se font un chemin vers la haut pour échapper à l’invasion dans la forme de pétrification ou à un tas de pollution

… Les préoccupations de Maria sont actuellement partagées par beaucoup de gens, mais ses expressions visuelles, strictement personnelles et fortes, sont uniques.

 

Quand on lui demande qu’est-ce qui a influé sur le contenu de ces tableaux, Maria répond :

 

"Ce sont des illustration d’une histoire concernant un voyage qui redescend aux origines de la vie et qui finira quand la vie sur terre se termine. Cette histoire a une vie à l’intérieur de moi-même, sous ma peau et je ne suis jamais sûre de ce que je vais rencontrer après. Je suis émerveillé par la beauté de petites créatures si on les examine de tout près et je suis remplie d’angoisse quand je suis témoin de l’utilisation destructive, aveugle et abusive de la nature par une humanité, qui sans souci néglige le fait qu’elle fait partie de ce voyage."  


Helen Othen